En hiver, et plus particulièrement au mois de décembre, les jours raccourcissent. La lumière se met à manquer. Le solstice d’hiver marque un renouveau et le retour des beaux jours. Les religions et spiritualités ont pour beaucoup une fête liée à la lumière à cette période de l’année. Découvrons ensemble ! Quelle place pour la lumière dans les monothéismes ?

 « Allume la lumière s’il te plait ! » ; « Ce jeune garçon n’est pas une lumière… » : notre langage courant et ses expressions nous familiarise avec deux lumières différentes : une première physique et naturelle, comme le soleil ou les ampoules, et une seconde symbolique. 

Cette distinction se retrouve dans le récit de la création, dans la genèse, premier livre de la Bible, lu par les juifs et les chrétiens. Dès les premiers versets, Dieu dit « Que la lumière soit » et la lumière fut. » (Gn 1. 3). Or, la création du soleil et des autres astres ne vient qu’après dans le texte. Cette distinction entre deux lumières, une première divine et une seconde naturelle, imprègne les réflexions théologiques juives et chrétiennes depuis des millénaires. Dans le judaïsme, la réflexion se construit et s’alimente par des questions et un réseau de significations très grand. Le Talmud et le Midrash, textes majeurs de la tradition juive, élaborent des pistes de réponses. L’idée qu’une première lumière invisible par l’homme, mais qui lui donne vie, existe est importante. L’idée que la Torah a pour vocation de faire sortir les hommes des ténèbres par sa lumière aussi. Dans le christianisme, on retrouve lumière naturelle et lumière divine canalisées en Jésus Christ. Pour les chrétiens, le Christ est la lumière et la vie, il éclaire l’humanité par son salut. Cette idée est très présente dans les Evangiles, notamment dans celui de Jean mais aussi dans la théologie et la liturgie. 

Dans l’islam, on se concentre avant tout sur la lumière divine au détriment de la lumière naturelle. Le Coran présente différentes variantes de cette lumière divine. D’abord, la lumière est un attribut divin, un nom de Dieu « an nur ». Dieu est la lumière de la Terre, la lumière qui guide le croyant vers la lumière. Ensuite, la lumière est signe de la révélation de Dieu, révélation arrivée sur Terre sous la forme du Coran. Ce don de Dieu présente la même qualité lumineuse que Dieu lui-même. Enfin, parce que le prophète Muhammad reçoit la révélation, il est lui aussi une lumière. On retrouve dans les hadiths l’expression « une lumière sur lumière » pour parler de lui.

La lumière est dans beaucoup de religion une partie intégrante de fêtes ou de rituels. Chaque semaine, les juifs célèbrent l’entrée et la sortie de Shabbat par l’allumage rituel de bougies. Hanouka, la fête juive des lumières, est célébrée chaque année en décembre. Elle commémore le miracle d’une mèche restée allumée huit jours. Ainsi chaque soir d’Hanouka, les familles juives allument une nouvelle bougie. Au sein du christianisme, les rituels autour de la lumière sont surtout présents chez les orthodoxes et les catholiques. Des bougies sont allumées lors de la divine liturgie et de la messe, lors de prières individuelles par le biais de cierges. Au moment de pâques, un feu nouveau est allumé représentant la victoire de la vie sur la mort. Pendant l’Avent, période de quatre dimanche avant Noël, des bougies sont allumées. En Islam, il n’y a pas de rituels liés à la lumière à proprement parlé. Par contre, on retrouve l’allumage de bougies dans certaines cultures, notamment dans le soufisme. Par exemple, la veille de la fête commémorant la naissance du prophète, le « mawlid », les soufis allument des bougies pour accompagner leurs chants spirituels. L’éclairage doux permet de marquer la densité spirituelle de ce moment.

 L’utilisation de la lumière et les réflexions autour de ce qu’elle représente sont riches et peuvent nous conduire à une méditation. Aux Racines de Demain, nous souhaitons de tout coeur que cette réflexion sur la lumière nous amène à construire une société plus ouverte et bienveillante, à continuer à promouvoir l’éducation et le dialogue pour sortir de l’obscurantisme et des enfermements. 

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